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La bande originale du film « La Scoumoune » a été enregistrée en re-recording par François de Roubaix, sans le concours d’aucun autre instrumentiste que lui-même. A l’occasion de la sortie du disque, il avait écrit :

"Jusqu’à présent j’avais le plus souvent travaillé d’une façon classique : après composition au piano ou à l’orgue, j’écrivais l’orchestration puis je dirigeais les musiciens dans le studio d’enregistrement. 
Mais depuis longtemps, je réalise moi-même en re-recording des maquettes souvent très élaborées, permettant aux metteurs en scène de suivre plus facilement mon travail. Quelques-uns des résultats obtenus m’ont conduit à penser que dans certains cas, cette technique pourrait être utilisée pour des enregistrements définitifs. Il s’agit, grâce à un magnétophone multipistes, d’enregistrer toute l’orchestration prévue, piste pas piste, instrument par instrument. 

Ce n’est pas au niveau de la performance, ni à celui de l’économie que j’ai trouvé des avantages à cette méthode. Prévoir sur le papier la sonorité d’un orchestre est une des grandes difficultés de la composition.

Quant à rectifier en studio, lorsqu’une formation de quarante musiciens attend notre inspiration, cela tient plus du sauvetage en haute mer que de la recherche musicale.
Le re-recording permet à chaque instant de reprendre, de corriger, de modifier la matière sonore comme d’un coup de pinceau on peut ajouter une tache de couleur ou effacer un trait maladroit.


Bien sûr cette technique exige que l’on dispose de beaucoup de temps et, si l’on veut être à soi seul un orchestre, que l’on puisse se débrouiller avec la plus grande palette possible d’instruments. Il faut admettre qu’avec la meilleure volonté et les meilleurs artifices techniques, on ne peut pas prétendre à la qualité et à la virtuosité des spécialistes de chaque instrument. Pour ma part, bien entendu, je n’utilise en premier plan que les instruments avec lesquels je suis le mieux familiarisé ! Pour le thème principal de « La Scoumoune », José Giovanni m’a demandé de travailler sur des couleurs d’orgue de barbarie. Le re-recording correspondait aux exigences de cette recherche, en me permettant d’essayer différents amalgames de sonorités d’orgues et d’harmoniums. Puis, il m’a paru passionnant de pousser l’expérience jusqu’au bout, et d’enregistrer seul toute la musique du film par ce procédé."

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